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 Le premier qui tombe a tout perdu

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SKIV
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Aaron H. Strauss

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MessageSujet: Le premier qui tombe a tout perdu    Sam 4 Fév - 22:32


Ylli


Cette sensation grisante de mettre un maillot et des gants, j’avais l’impression de revenir dans le passé où tout allait bien, j’étais marié et heureux de l’être et de jouer pour l’équipe de mes rêves. Je pris le casque entre mes mains et un sourire prit place sur mes lèvres, j’allais bientôt recourir. La seule chose que j’avais réussis à faire dans ma triste vie. Je le posai sur ma tête, j’étais prêt et saluai mes co-équipiers qui se changeaient. J’allais aller sur le terrain quand soudain, je croisai Ethan Brown, un bon ami que j’avais reconnu à son maillot. C’est lui qui avait reçu mes messages de panique d’hier. Je voulus le rassurer en lui tapant sur l’épaule en le dépassant.

« Désolé Ethan pour hier soir ... Il ne m’a rien fait de trop grave au final mais sois sympa en me plaquant. »

Je lui lançai un sourire en arrière mais ne le regardai pas vraiment sinon j’aurai vu ce qu’il m’attendait. Je réajustai l’attache de mes gants en entrant sur le terrain. Une irrésistible envie de rire me prit, la joie et la satisfaction. Pendant un moment, je ne pensais plus à Lachlan et la soirée que j’avais passé hier en sa mauvaise compagnie. C’était libérateur vraiment. Depuis des mois, je ressentais enfin la joie qui me caractérisait tant par le passé. Même si j’étais heureux de mon poste à l’université et aussi au lycée. Mes équipes étaient bonnes malgré mes piètres capacités d’entraînement pour le moment. Je partis rejoindre mes co-équipiers pour l’échauffement.

« Belle journée pour un match. »

Je me surpris même à plaisanter avec ces derniers, ces personnes étaient vraiment des chics types. Je me rendais compte qu’à New-York on ne me jugeait pas sur la relation que j’avais eu mais sur mes anciennes performances. Tout le monde avait en tête mes exploits et c’était réconfortant.


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Ylli H. Hoxha

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mar 7 Fév - 21:20


 
Le premier qui retombe amoureux a tout perdu
Aaron & Ylli


Je suis loin d’être ce que l’on appelle une chochotte. Je fais du sport depuis tout jeune et si on rajoute à ça mes cinq années passées dans le corps de l’armée américaine, je pense que je n’ai plus à prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Mais bon sang. Ce casque était aussi inconfortable qu’un… Non, en fait, même les casques militaires n’étaient pas aussi désagréables à porter. On m’a dit que je m’y ferai. Ethan me l’avait dit, plus précisément. Je ne sais pas ce qui m’avait pris hier soir quand il m’a demandé à le remplacer. Je crois que je l’ai vu arriver de loin. En même temps, qu’il me parle autant du fameux match de demain alors qu’il m’avait retrouvé à un bar, avec des béquilles... Peut-être était-il tombé à pic parce que mon travail à l’animalerie avait tendance à m’énerver, sans m’offrir la possibilité de me rebeller. Ce match -et ce poste de bourrin- était peut-être l’occasion de passer mes nerfs. C’est cette phrase que je ne cessais de répéter dans mon esprit pour me motiver à aller sur le terrain. Ethan venait de m’abandonner pour aller aux toilettes, me laissant désormais me diriger seul sur le terrain avec son casque déjà en position.

« Pardon ? »

Des mots furent balancés à mon attention. Ou plutôt, à celle d’Ethan. Pourtant la main du joueur adverse venait bien de taper mon épaule ? … Oh, oui. Ce que je portais appartenait aussi au concerné, j’en oubliais presque le « BROWN » écrit sur mon tee-shirt. Je n’avais même pas eu le temps de rectifier l’erreur du garçon qu’il s’enfuit alors que mes yeux étaient encore portés sur mon épaule. Sa voix m’avait alerté. Peut-être n’étaient-ce que ses mots finalement qui parurent étranges. Mon regard finit par le rejoindre, l’observant s’éloigner. Il ne fallut que quelques secondes pour que je ne puisse même plus discerner les lettres dans son dos.

« Prêt ? »

Mon corps entier sursauta, m’étant trop concentré sur ce garçon au loin. J’observais Ethan tout juste revenu, n’ayant même pas entendu le bruit de ses béquilles.

« Oui mais il y… »

« Aller, va t’échauffer ! Va pas faire comme moi. T’as d’la chance, y a de la célébrité sur le terrain aujourd’hui ! »

Il ne me laissa même pas le temps d’en placer une qu’il fila trop rapidement pour moi sur le terrain. C’était moi ou il était plus rapide que moi-même temporairement handicapé ? Cette pensée me fit sourire et me fit oublier le joueur tandis que mes pas me fassent rejoindre les autres. Par pudeur -d’autres diraient par timidité- je gardais mes distances, observant la quasi-totalité des joueurs attroupés autour de l’un d’entre eux. Certainement le gars dont m’avait parlé Ethan. A vrai dire, je m’en fichais. Mon avis était assez sévère sur ce genre de starlette à deux sous. Les vrais, à mes yeux, étaient sur des terres inconnues, loin des leurs, loin du frère que j’étais. L’échauffement auquel je m’adonnais aujourd’hui n’était qu’un centième du rituel auquel je m’adonnais avec eux il y a quelques années déjà. Tout ici me semblait bien pâle.

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Aaron H. Strauss

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mer 8 Fév - 15:47


Ylli


Je n’étais pas des plus à l’aise avec tous ces gens autour de moi. Il y a un an, je me serai senti comme un poisson dans l’eau. Le surnom que les médias m’avaient donné à présent m’allait comme un gant, le roi sans couronne. Ma prestance et mon charisme étaient parti en même temps que mon changement physique. Néanmoins, je me sentais bien mieux actuellement. J’avais atteint une sorte d’équilibre et de plénitude que je n’avais jamais connu. J’avais le temps de me cultiver, de manger ce dont j’avais envie et me concentrer sur mon petit frère.

Je m’excusai auprès de mes co-équipiers pour aller m’échauffer plus loin en faisant quelques sprints. Courir, toujours courir mais là, ce n’était plus pour fuir.  J’avais vraiment l’impression de finir le virage de ma vie et que l’horizon me paraissait plus coloré, plus radieux que jamais. Je savais que mon nouvel objectif était de devenir le grand-frère idéal pour Gabriel qui avait souffert comme moi de nos parents. Je replaçai mon casque pour entamer ma première course avec un chronomètre dans la main. Quand j’eus fini ma remontée de terrain, je pus constater une perte de 15 secondes. A une époque, cela m’aurait accablé mais là, j’étais serein.

Je refis cet exercice deux fois avant qu’on me fasse signe que la rencontre allait commencer. Je m’avançai vers mon équipe pour assister au pile ou face qui allait déterminer quelle équipe allait se retrouver en attaque. Je souris en voyant que c’était la mienne qui allait commencer. Pile ce que je voulais. Je partis prendre mon poste et me mis en position. C’est en relevant la tête que je remarquai qu’Ethan se retrouvait en face de moi, j’en étais soulagé. Tout mon corps brûlait de douleur, je ne voulais pas que mon corps entier devienne bleu.

Mon quarterback annonça la tactique, mes muscles se bandèrent quand l’information monta à mon cerveau. Je savais que j’étais le poste clé de cette stratégie et cela ne m’étonna pas pour le moins du monde. C’était la première fois que je jouais avec eux hors entraînement et ils étaient comme des dingues de m’accueillir chez eux. Je me mis à courir aussi vite que je le pouvais en attrapant le ballon.

Je fonçai sur Ethan, je savais comment l’esquiver pour le passer. Je pris appui sur ma jambe droite pour faire croire à une esquive dans cette direction mais je changeai de pied pour partir dans l’autre sens en un très court instant.


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Ylli H. Hoxha

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mer 8 Fév - 17:39


 
Le premier qui retombe amoureux a tout perdu
Aaron & Ylli


Le sport faisait ressortir en moi ce côté compétitif que j’avais dû quitter à l’armée, sous peine de me prendre les autres recrues sur la gueule à la moindre occasion. J’avais eu du mal à le comprendre, me faisant mal commencer mes premiers mois à l’armée. Puis j’avais compris. Pas de compétition. Juste un parfait équilibre avec mes frères d’armes. Il fallait avancer en même temps pour se soutenir mutuellement. Mentalité qui n’était pas présent dans le sport. Et à part mes potes avec qui je jouais tranquillement au basket sans trop me donner, chaque moment sportif me faisait ressortir cet Ylli brûlant de montrer ses capacités. Quand j’ai vu la fameuse starlette -à en juger les regards qui le suivirent- s’échapper du groupe et partir aussi dans son coin pour courir, je m’abstins et l’observais au loin dans une vue floue. Pour l’une des rares fois dans ma vie, je regrettais le fait de ne pas avoir de lentilles à la place de mes lunettes absentes sur le terrain, juste pour satisfaire cette curiosité malsaine.

Je me serais pris certainement une balayette de la part de mon supérieur à l’armée s’il était là, à me voir plus m’occuper d’un autre que moi, bâclant l’échauffement. Mais en le voyant s’emparer d’un chrono, je ne pus m’empêcher de l’imiter dans ses tours, voulant prendre un certain plaisir à le dépasser. Mais ce fut un échec. La métaphore qu’avait servi Ethan pour m’expliquer la future cible de mes plaquages me revint à l’esprit. Speedy Gonzales. J’esperais que c’était bien ce gars, car si d’autres joueurs arrivaient à courir aussi rapidement, je ne donnais pas cher de la tête d’Ethan face à sa décision de me prendre comme remplaçant. Une seconde pensée vint me rassurer : si c’était bien lui ma cible, il me serait possible de le rattraper en me surpassant. Difficile mais pas impossible.

Je me répétais cette phrase inlassablement quand je m’aperçus, à la fin de l’entrainement que j’étais déjà essoufflé. Mon égo en avait déjà un peu trop demandé, n’aimant pas trouver plus fort que moi sur n’importe quel terrain. Des grommellements me sortirent de mes pensées. On avait apparemment perdu ce pile ou face. Je n’arrivais pas à comprendre vraiment l’importance de ce lancer, mais soit, tant pis. La stratégie fut annoncée et on m’indiqua ma place, m’affublant d’une tape sur l’épaule encore une fois. Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous avec ça ? C’était une coutume ou quoi ? Je mis mon agacement de côté et observa mes actuels co-équipiers, prêt à mener mon enquête et trouver ma cible.

L’attroupement fut compliqué à comprendre. Tout ce que je sus, c’est qu’un gars fonçait clairement sur moi. Celui avec le ballon plus précisément. Sérieusement, c’était pas à moi de foncer sur les autres ?

« … l’enfoiré. »

Je venais de voir la plus belle esquive de ma vie avec le garçon qui tenait le ballon. Je n’avais pas compris à ce moment-là que ça allait être ma cible, mon Speedy Gonzales. Je ne le compris que quelques secondes plus tard en le voyant dépasser clairement le reste.

Ni une ni deux, je me retournais et poursuivis ce garçon se démarquant nettement du reste. J’avais trouvé ma souris, et lui allait trouver son chat. J’analysais son jeu en même temps que je rattrapais avec peine quelques uns de mes co-équipiers et de mes adversaires. Il était plutôt agile. Mais à croire que le football americain n’est pas un jeu dans lequel il faut réfléchir, un pied embrocha l’un des miens et j’embrassais le sol, ou plutôt, mon casque. La vache, ça faisait pas du bien. Encore trop concentré pour savoir ce qu’il venait de m’arriver, je mis plusieurs secondes à me relever avant d’entendre un coup de sifflet, des cris de joies et des râlements. Zut. Mon regard se porta vers les tribunes et un Ethan me faisant un signe d’encouragement. Ayant plusieurs mètres d’avance sur les autres, je me permis de le rejoindre rapidement.

« Désolé. »

« C’pas grave, t’apprends ! Et puis y a AUSSI LES AUTRES QUI N’ONT FAIT QUE D’LA MERDE, HEIN PARKER ! Bon sang. Bon, t’as repéré Speedy ? »

« Ouais, je crois… »

« T’as d’la chance, c’est le Roi sans couronne que tu te tapes ! »

« … T’es sérieux ? C'lui ta starlette ? T’aurais pas pu trouver un vrai joueur plutôt que de me demander à moi ? »

« T’es un ancien militaire non ? Tu peux faire mal ! Genre là, la feinte qu’il t’a fait, c’est de ma faute, il me la fait à chaque fois et j’arrive pas à me corriger. Normalement il va te la refaire. Mais te repose pas trop sur ça au cas ou. »

J’étais assez agacé contre Ethan, il avait abusé sur le coup. J’esperais que ce match ne comptait pas pour lui et son équipe, car on courrait clairement à l’échec avec un débutant comme moi. Je repris ma place sur le terrain sous le regard de plusieurs joueurs. Je n’avais pas envie de les analyser. La tension qui m’habitait m’offrait facilement le sang chaud et ça n’était pas le moment.

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Aaron H. Strauss

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mer 8 Fév - 18:45


Ylli


Après cette feinte, je savais que j’avais exclu mon principal adversaire dans la partie. Sans vouloir être prétentieux, c’était presqu’ennuyant pour moi de n’avoir aucun obstacle sur mon chemin. Mais vu l’état de mon corps, j’en étais heureux. Un touchdown plus tard, je partis sur le banc de côté pour me poster le temps de la phase défensive de mon équipe.

En marchant vers mon objectif, je remarquai quelque chose dans les gradins ... Quelqu’un que je connaissais ... ETHAN et il était en train de parler ... à Ethan ? Oulah ... Je compris alors que celui que je croyais être mon ami était sûrement un remplaçant avec son maillot. Je fronçai les sourcils avant d’hausser les épaules, je n’allais pas changer de tactiques vu que cela semblait marcher.

Une fois assis, je me mis à l’observer. Il avait pris le poste de wide receiver comme Ethan, il n’avait pas la taille pour mais bon, il devait certainement avoir une bonne détente pour attraper la balle au vol. Le jeu se mit en route et les 10 yards furent rapidement gagnés par une bonne passe à l’un des runningback. Ce fut donc enchaîné par les 4 phases qui leur fut attribué. Pendant la première, l’inconnu fut utilisé dans une tactique servant à gagner du terrain par une passe longue. C’était un très beau dégagement.

Je pus alors apercevoir la détente du joueur, c’était époustouflant. Je savais à présent pourquoi Ethan l’avait mis sur le terrain, il devait sûrement faire du basketball. J’enlevai mon casque pour me retourner vers les gradins pour lancer un regarder meurtrier vers Ethan. Celui-ci me lança un sourire charmeur avec un signe de la main. Je me retins de lui faire un bras et me rassis en crachant entre mes dents des insultes canadiennes. Il avait tout prévu, je le connaissais assez pour me dire qu’il m’avait préparé un coup foireux. Cette personne ne devait pas qu’être bonne en attaque.

Je mis mon casque à mes côtés pour regarder la dernière phase de défense de mon équipe qui en menait pas large face aux passes longues qui mena inévitablement à un touchdown et à une conversion réussie qui leur octroya un point en plus. Je grinçai des dents de perdre alors que j’avais mené mon équipe au touchdown. Je remis mon casque et allai mon poste d’un pas rageur, je n’allais pas me faire mener à la baguette par un vulgaire amateur. J’étouffai un petit bruit de douleur quand un de mes co-équipiers me tapa dans les côtes pour aller vers sa place.

Je me courbai quelques instants sur moi-même pour reprendre mon souffle. Note à moi-même aller chez le médecin après la rencontre. Je me redressai à temps pour sprinter et attraper le ballon que me passa le quarterback. L’inconnu se montra à nouveau devant moi et je fis la même feinte en changeant d’appui très rapidement. Mais là un bras me bloqua au niveau de l’estomac et ma tête rencontra le sol de façon brutale. Un son étouffé s’échappa de mes lèvres.


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Ylli H. Hoxha

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mer 8 Fév - 21:21


 
Le premier qui retombe amoureux a tout perdu
Aaron & Ylli


Je ne comprenais pas vraiment le système de jeu il faut dire. Je suivais bêtement les rares consignes que m’avait donné Ethan… Jusqu’à être totalement perdu en voyant mon joueur sortir du terrain. Je rejoignis quelques secondes le quaterback qui avait été mis au courant du changement de joueur par Ethan ce matin-même. Comme convenu, il m’expliqua rapidement les changements de joueurs ainsi que la nouvelle tactique que je devais employer désormais. J’étais désormais le Wide Receiver. Si j’avais bien compris, je devais rattraper les balles lancées loin, tout bêtement. Ethan lui avait apparemment parlé du fait que je fasse beaucoup de basket. J’avais l’impression que mon ami avait eu bien des choses à dire au Quaterback un peu plus tôt. Le gars avait clairement déjà préparé toute une stratégie à mon encontre. Bon, c’était cool de sa part. Je n’avais pas trop à réfléchir du coup, juste à suivre ses conseils. Je le remerciais pour ceux-ci d’ailleurs et prit la place désignée.

En soit… C’était cool. J’avais compris en quoi mes talents de basketteur pouvait aider dans l’équipe. Je rattrapais avec une grande facilité les longs envois, retombant sur mes pieds agilement. J’avoue que plusieurs fois, j’eu envie de dribbler avec le ballon avant de me rappeler par la place qu’il prenait dans mes mains, que non, je n’étais pas sur un terrain de basket et que je risquais pas mal à me laisser aller. Je commençais à prendre mes aises sur le terrain, et faut l’avouer, c’était cool de se sentir intégré dans le jeu de l’équipe. Je crois que mes talents étaient appréciés car j’eus le droit encore à des tapes sur l’épaule. Au bout de la 3ème fois, je pris presque la fuite après une action réussie et un retour au centre du terrain. Je n’eus le droit qu’à une tape de la part du quaterback. Ok, c’était que du sport mais il avait une sacrée force le bougre. Me frottant l’épaule martyrisée, je perçue à nouveau un changement. Je profitais des quelques secondes qui me restèrent pour observer Ethan. Et même de loin, sans verres correcteurs, je pouvais le sentir enthousiaste comme jamais, gueulant comme un macaque des encouragements. Cet idiot me fit rire. Un rire qui s’apaisa en voyant ma starlette revenir. J’avais gagné assez de confiance dans mes gestes grâce à mes actions précédentes et reprit aussitôt ma première position prise sur le terrain au début du match. Cette fois-ci, je n’allais pas le louper. J’allais lui faire passer l’envie de me faire des feintes et de me ridiculiser comme ça. Parce que oui, même en étant populaire -et donc forcément doué, non ?- me prendre ce vent monumental ne m’avait pas fait énormément plaisir, alors que c’était le genre de choses qu’Ethan devait souvent se prendre. Bah. Si lui s’en fichait, moi, non. On ne m’y reprendra pas deux fois.

Des sifflets retentirent, affublant tout le stade des encouragements d’Ethan suite au plaquage que je venais de faire à ce petit rigolo. La starlette, ou plutôt son estomac, venait de se prendre mon bras de plein fouet, l’emportant à terre. Sous la violence du choc, je manquais de m’étaler tout aussi pitoyablement que lui au sol, mais réussis à me rattraper. Sous mon casque se dessina un sourire victorieux tandis que je m’éloignais du pauvre gars sans vraiment plus faire attention à ça que lui. Quelques joueurs s’attroupèrent pour lui prêter main forte. Plusieurs personnes étaient déjà tombées et jamais je ne les avais vu s’inquiéter autant. Ça avait l’air d’être cool d’être populaire et d’avoir ses petits fanboy.

En fait, c’était aussi simple que ça. Lui foncer dans le lard. Sans aucune technique. C’est ce que je me dis juste avant que le ballon ne soit relancé. Mais cette pensée me fit louper mon second plaquage. Rageant, je tapais du pied par terre avant de me lancer à sa poursuite. Mais une fois lancée, la souris ne pouvait plus être arrêtée. J’avais déjà dépensé beaucoup d’énergie, ne m’économisant pas le moindre du monde. Un partout pour lui et moi. Sa première esquive ne comptait pas. Les deux prochaines, par contre…

Deux à un pour lui. L’enfoiré. J’avais l’impression qu’il se jouait de moi et avait l’impression de le voir se dandiner fièrement pour la seconde fois après son esquive. C’était peut-être moi qui m’imaginait des trucs. Je les hallucinais, c’était ma rage qui parlait. La rage du perdant. Un statut que je commençais à sentir au-dessus de ma tête si je ne me reprenais pas. Ce qu’il se passait du match ? Je n’en savais rien. Je restais en pur focus sur ce joueur aussi frêle que moi. Nous étions pitoyables niveau carrure par rapport aux autres. Mais notre jeu semblait attirer les regards.

Dernier lancer. Je l’observais d’un regard perturbé, sentant mon cœur pas vraiment remis de toutes ces folles courses. Mais je m’en fichais. Il me restait un tête-à-tête avec ce gars et pas question qui ne l’emporte. Au mieux, il y aurait une égalité dans ma tête. Au pire, il y aurait un échec et mes prochaines attaques n’allaient absolument pas lui plaire.

Juste avant que le jeu ne recommence, je fis craquer ma tête, prêt à en découvre. Finalement, j’optais pour lui foncer bonnement dans le lard, sans économiser quoi que ce soit. J’aurai dû attendre nos prochaines rencontres sur le terrain pour ça mais mon égo avait tout simplement pris trop cher et n’appréciait pas de devoir se contenter que d’une simple égalité, ayant été trop laxiste jusqu’à là. Il se jouait de moi ? J’allais jouer le même jeu que lui.
Malgré les deux pauvresses que nous étions, je ne pensais pas vraiment qu’un choc entre nos épaules serait aussi violent. J’étouffais un grognement de douleur quand elles se rencontrèrent brutalement avant de sentir nos deux corps tomber au sol. La masse musculaire supplémentaire que j’avais fit que je venais de gagner sur lui. En vrai, je crois que la starlette venait de prendre encore plus cher que moi, son corps amortissant le mien au sol. J’étais heureux. J’avais utilisé sa propre feinte, gaminement, fonçant sur sa gauche avant de subitement, à la dernière seconde, dévier sur la droite. Et ouais, moi aussi je savais être agile et futé. A croire qu’Ethan ne l’était pas, si à chaque fois il se faisait avoir par une tactique aussi grossière.

Je souriais débilement à l’idée d’avoir égalisé dans ma tête avant de sentir un liquide chaud glisser sur mon front. Ah, tiens, c’est peut-être pour ça que je voyais des étoiles sur la pelouse et même à l’intérieur de ce fichu casque trop grand. La rencontre entre mon casque et le sol s’était répercutée sur ma tempe, à en croire les battements de cœur que j’y ressentais. Je mis plusieurs secondes avant de capter que j’étais encore sur cette pauvre souris. Je m’aidais d’un bras pour rouler sur le côté et retirer difficilement mon casque, laissant quelques gouttes rouges tomber sur le sol vert. J’avais été habitué un temps, jadis, à morfler. Mais jamais à la tête. Mon casque militaire aurait été plus protecteur que ce casque en fait. Paupières closes, ma mission avait réussie, je me permis quelques secondes à moitié sonné au sol. Je me permis même de balancer quelques insultes kosovardes face à la douleur d'où s'écoulait mon sang. Ma main vint machinalement se poser dessus pour calmer un peu le flot. Je savais que ça n'était rien de grave, cette zone saignait beaucoup de base. Il fallait juste appuyer je crois, en tout cas, c'est ce qu'on m'avait toujours dit à l'armée. T'as mal ? Appuies.

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Aaron H. Strauss

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mer 8 Fév - 22:19


Ylli


Je subissais placage sur placage et me relevai sans l’aide de mes co-équipiers même s’ils semblaient tous s’inquiéter. Je les rassurai vite fait avec quelques mots bien choisis et reprenais bien mon poste à chaque fois. Même si je souriais, mon égo en avait vraiment pris un coup de me faire plaquer comme ça par un novice ... J’en voulais à la terre entière mais surtout à Lachlan et à moi-même pour être devenu une telle loque. A quel moment j’étais devenu aussi pitoyable ? J’avais l’impression de voir ma couronne se briser au ralenti devant mes yeux.

J’ai la rage de ne pas être capable de mener mes co-équipiers à la victoire. La rage de ne pas pouvoir me défendre contre Lachlan parce que je l’aime encore. La rage de lui avoir lancé une place qui ne lui revenait pas. La rage d’être ce que je suis actuellement et d’en être heureux. Alors qu’en vérité j’étais comme ma couronne, brisé ... Ce matin, j’avais eu le droit à un regard peiné de Gabriel, il savait ce qu’il s’était passé. Putain mais quel grand frère j’étais pour lui à présent ? Juste un faible bon à se faire tabasser puis violer puis retabasser pour bien finir les choses.

Le pire, Lachlan souriait tout du long, à croire que ma souffrance le rendait heureux quelque part. Comment j’avais pu développer ne serait-ce qu’un tout petit sentiment pour cet être immonde ? L’ancien moi n’en avait rien à faire de la personnalité des gens et n’était que basé sur le physique. Je ne pouvais pas demander plus vu que je n’étais pas non plus quelqu’un avec beaucoup de valeur ou de culture ... En jouant en professionnel, j’étais devenu une pauvre petite starlette débile avide de fric et autres plaisirs physiques.

Je me mis en jambe pour la dernière phase, j’étais tellement perdu dans mes pensées que je ne pensais pas du tout à changer de tactique ... Bien sûr le placage arriva, j’en étais certain ... Il avait même utilisé ma propre feinte pour me duper, cela me fit limite sourire. J’étais fier de lui, il avait appris de moi ... C’en était très flatteur. Enfin tout ça jusqu’à ce qu’il m’écrase au sol, je lâchai un cri de douleur qui alerta pas mal de monde sur le terrain. Cet inconnu venait de s’écraser sur moi en plus et tout ce poids s’appuya sur mon dos qui était dans un sale état.

Pourquoi j’avais voulu jouer dans ce match ? Je le savais ... Pour essayer d’oublier tout simplement ce qui s’était passé ... Pour essayer de me retrouver un peu et de retrouver un peu d’estime de moi-même. Apparemment c’était trop demandé ... Je levai les yeux vers le type juste au-dessus de moi, je vis du rouge ...

« UN MEDECIN VITE ! »

Ce cri était sorti de ma bouche sans que je m’en rende compte. Il s’était laissé tomber à côté de moi et je me redressai vite fait pour le regarder pendant qu’il enlevait son casque ... Tout s’arrêta, le mouvement des gens autour de moi, mon cœur, ma respiration ... Non, non, non, NON ! Ce ne pouvait pas être lui. C’était un cauchemar ... Les insultes en kosovar que j’avais entendu des dizaines de fois auraient dû me mettre sur la piste. Je me reculai de lui mais lui tendis quand même la main pour l’aider à se relever. Tous ces souvenirs que j’avais soigneusement enterré m’étaient à nouveau réapparu. Je n’étais pas fier de ce que je lui avais fait subir mais c’était pour le protéger que j’avais fait ça. Je n’avais aucun remord à avoir alors pourquoi mon cœur se serrait à la vue de l’être que j’avais le plus aimé dans ma triste vie ? La réponse était claire ... Malgré les années et la distance, je n’avais jamais cessé de l’aimer et de le suivre de loin pour être sûr qu’il allait bien.

« Tiens, prends ma main Ylli Hendrit Hoxha. Bien joué, je ne m’attendais pas à ce que tu uses de ma feinte contre moi. Mais la prochaine fois ça ne marchera pas, tu sais bien que je suis habile quand il s'agit de fuir. »

Je ne savais pas trop s’il allait me reconnaître à la voix mais si c’était le cas, je savais qu’il préférerait mourir plutôt que de se relever avec mon aide. Ma main se baissa puis remonta pour enlever mon casque aussi. Au moins là, j’étais sûr qu’il me reconnaitrait mais si j’avais affreusement fondu au niveau des muscles. J’attendis sagement à ses côtés, le temps que le médecin se bouge les fesses et une fois celui-ci à son chevet, je remis mon casque et partis sur le banc pour attendre notre prochaine confrontation. Je savais à présent à quoi m’en tenir ... J’allais lui montrer qu’on ne me plaquait pas aussi facilement.

Je ne pensais plus à rien à part au jeu, à ma tactique pour l’éviter. Mon objectif était qu’il ne me voit même pas passé. Je pouvais bien me montrer faible devant toutes ces équipes qui savaient pour moi et qui m’avaient vu dans la lumière. Mais je ne pouvais tolérer qu’Ylli croit que je n’étais jamais sorti de l’ombre que je n’avais jamais changé. Le jeu allait bouger maintenant que j’avais quelque chose à prouver à quelqu’un que j’avais encore dans le cœur. Je ne le regardai même plus, je ne savais pas s’il avait accepté l’aide du médecin ou pas ... Mais ce que je savais c’est qu’il allait me faire payer tous mes mensonges, ma fuite ...


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Ylli H. Hoxha

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Ven 10 Fév - 10:03


 
Le premier qui retombe amoureux a tout perdu
Aaron & Ylli


Tous mes sens semblaient m’avoir quitté, pour revenir chacun à leur tour. Ce fut d’abord ma vue qui revint, fixant les gouttes de sang, hypnotisé. J’étais loin d’en avoir la phobie, et même, cette vision me fit sourire pendant que je pensais à ce cher Raven, qui lui, n’en supportait pas la vue. Mon toucher revint lorsque mes doigts s’appliquèrent sur ma tempe, sentant le liquide épais. L’odeur revint aussitôt, accompagnant le toucher. Le gout, lui, resta silencieux même si j’imaginais bien ce gout de fer imaginaire dans ma bouche. Quand au son… C’était un long sifflement, cassé par quelques octaves faibles. Une voix lointaine. Tellement lointaine que je mis du temps à réagir face à l’appel à l’aide qu’on balança.

« Pas la peine, c’est pas grave... »

Je crois que c’était peine perdue. Je ne savais même pas si j’avais parlé assez fort pour que cet idiot m’entende. Ces starlettes face à la vue d’un peu de sang… A croire que tous ces muscles n’étaient que de la gonflette et que ça ne savait que se la raconter. Crachant encore intérieurement sur ce joueur qui n’avait pourtant rien fait, à part être plus malin que moi, le sifflement s’atténuait doucement, me laissant entendre à nouveau dans un crescendo des paroles les entourant. Le tournis était tout de même présent, mais s’en allait aussi. Ça faisait pas du bien. Les paupières closes, je sentis tout de même un mouvement à côté. Attendant encore quelques secondes, je finis par trouver un moment pour me réapproprier la vue, toujours aussi floue qu’avant de loin… Mais plutôt bonne de prêt. Aussi bonne que cette main tendue, qui fut accueillie d’abord avec un bref sourire. A charge de revanche, certes. Mais sa curiosité fit relever mon regard. Je voulais voir la tête de ce roi sans couronne qui semblait avoir bien encaissé le coup, vu la vitesse à laquelle il était déjà sur pied. Tentative échouée, le soleil m’aveugla trop facilement.

L’identification ne se fit que quelques secondes plus tard, quand j’entendis sa voix. Puis mon identité complète. Parfaitement prononcé. Avec mon deuxième prénom, que peu de personnes connaissaient. Mes sourcils se froncèrent, m’arrachant une grimace à cause de la blessure qui bougea. Ses paroles furent brouillonnes dans mon esprit, même si ses derniers mots eurent l’effet d’un violent coup de poing. Ma main qui avait commencé à se relever pour empoigner celle du joueur, avant de se figer soudainement, prise d’un doute. Un doute rapidement confirmé par un casque qui se retira.

Tout mon corps se figea. Mes yeux, ma bouche, ma main. Ses yeux, sa bouche, sa main. Aaron. Pas lui. Pitié. Ma main retomba, préférant cracher mentalement sur ce geste soit-disant amical. Aaron se moquait de moi. Tout chez lui se moquait de moi. Son regard, ses mots, son geste. Ça n’était que de la pitié. Qu’une farce pour lui. A sa vue, je lâchais une vulgarité de ma langue qu’il connaissait bien

« Nosi se… » ( : « va te faire voir » ♥)

Tout mon corps bouillonnait de l’intérieur, tandis que je préférais reposer ma tête au sol, impuissant face à la terre qui ne cessait de tourner. Franchement, j’avais vécu pire. Mais le fait de voir ce gars pathétique ne m’aidait pas à me reprendre. Je sentais son regard peser sur moi et j’aurai aimé me réveiller dans mon lit et m’apercevoir que tout ça n’était qu’un rêve aussi misérable que ce joueur. Mais non. Je restais là, impuissant encore, ne pouvant que lui parler, ou faire parler ma rancœur. Mais je n’y arrivais même pas. Ou qu’à peine. Il ne méritait pas que je m’assèche la gorge pour ses beaux yeux. A part pour balancer un « Mais casse-toi putain… » dans sa langue, ne supportant même pas le fait de le voir à mes côtés alors que je me trouvais en position de faiblesse… Et lui dans une position me dominant.

Je n’en avais que faire du medecin, encore moins d’Ethan qui m’avait rejoint, s’inquiétant tout deux pour moi. Ethan et le docteur. Ils n’étaient plus que deux. Pas trois. Cet imbécile d’Aaron était parti. Je finis par couper le duo d’inquiets d’un « C’est bon, c’est rien. J’vais bien. » avant de prendre sur moi et de me relever, me re-habituant à l’équilibre de la terre. Mais en fait, je n’allais pas bien. Et ça se vit clairement dans ma manière de jouer. Chacun des sauts que je faisais se solder soit par un échec dans ma volonté de rattraper ce putain ballon, soit par un mauvais retour sur mes pieds. C’était à mon tour de me faire plaquer à terre dès que j’avais la chance de récupérer cette foutue balle. Mes nerfs étaient mis à vif et mes joues devaient être aussi rouges que ma tempe. Ce n’était qu’une petite ouverture de 3 ou 4 centimètres, pas vraiment profonde. Et à mes yeux, ça n’était rien comparé à ma rage et à mon envie de quitter le terrain en lui foutant mon poing dans la gueule. Rien ne justifiait vraiment ça. En tout cas, d’aujourd’hui. Mon passé, par contre, me donnait une parfaite justification. Ce gars avait gâché ma vie et je devais me l’empéguer dans ma propre ville. La crainte que cette équipe soit de New-York me créa une boule au ventre. Il n’avait pas le droit. C’était chez moi…

Mi-temps. Ça y est. Mon calvaire s’arrêtait enfin. J’étais cassé. Je ne sais pas si c’était le coup à la tête, mon abus sur mes capacités ou mon changement de rythme cardiaque à cause d’Aaron qui avait causé un tel échec sur quasiment chacune de mes actions. D’un pas lent, je me dirigeai vers les vestiaires pour me reposer un peu, contrairement à la plupart des joueurs qui se dirigeaient vers les tribunes, leurs bouteilles et leurs amis les attendant. Ethan voulut me rejoindre, ce à quoi je l’accueillis sans grand sourire.

« Laisse-moi tranquille. »

« Mais ta tête… »

« Ma tête irait très bien si tu m’avais filé un casque à ma taille, crétin ! »

Je ne lui en voulais pas pour ça. Je m’en fichais. Ca me tirait, mais ce n’était rien. Mais c’était à cause d’Ethan si je me retrouvais au même endroit qu’Aaron. Même si cette rencontre ne provenait que du destin, je me sentais obligé de trouver un fautif. Si Ethan ne s’était pas fait mal. Si Ethan ne m’avait pas demandé. Si Ethan ne m’avait pas donné son foutu casque.

Je claquais la porte des vestiaires négligemment, me retrouvant enfin seul. Ma main me dégagea bien vite ce casque tout autant fautif que ça. J’aurai préféré qu’il me protège et m’anonyme. J’aurais pris mes distances avec Aaron si j’avais pu et si j’avais été le seul à découvrir l’identité de l’autre. Mais le fait d’être découvert et d’être aussi moqué ne m’aidait pas à retrouver mon rythme régulier. Ma tête sous le robinet ouvert, l’eau fut bientôt teintée d’une pâle couleur par le sang quasi sec présent dans mes cheveux. Je restais une bonne minute dessous, me frictionnant les cheveux et le visage pour refroidir mes joues empourprées.

« Putain mais me fais pas chier Ethan je t’ai dit. »

Je n’avais même pas envie de finir cette pseudo douche pour lui. Rien que ses pas m’insupportaient. N’importe quel pas m’aurait insupporté.

« … »

En fait, je l’abrégeai et relevai la tête. Ce n’était pas un bruit de béquille.

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Aaron H. Strauss

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Sam 18 Fév - 20:21


Ylli


La mi-temps arriva enfin. Je vis Ylli se diriger vers les vestiaires après avoir engueulé royalement Ethan. Celui-ci m’adressa un sourire gêné en me voyant suivi le même chemin qu’Ylli un peu plutôt. Je marchai lentement dans ce couloir qui semblait prendre des allures de couloir de la mort pour moi. Me sentant coupable de ce qu’il lui était arrivé, je ne me sentais pas stressé de ce qui allait m’arriver par la suite. Je l’aurai mérité pour mon comportement de connard infini et de sportif débile. Mon cœur se serra pendant que je portais ma main à mon pendentif ou plutôt à la bague de mon mariage qui s’était fini en carnage. Je la fis rouler entre mes doigts, je ne m’étais pas résolu à la quitter avant mais maintenant tout était différent.
Je défis la chaîne pour jeter le tout dans la poubelle devant laquelle je passais pour rejoindre ylli. Un peu plus et je me sentais à nouveau comme il y a 4 ans. Maintenant, j’étais prêt à lui prouver que j’avais changé pour devenir quelqu’un de meilleur. Je ne mentais plus à personne mais je cachai toujours la vérité quand il le fallait. Je me dressai devant la porte où derrière, se trouvait ma cible. Je me mis à déglutir surtout quand j’entendis qu’il en voulait à Ethan. Bon allez Aaron, tu n’as rien fuit jusqu’à là depuis ton grand changement, ce n’est pas le moment de revenir la tapette que tu as été autrefois.
Je toquai à la porte deux fois avant d’entrer en laissant un petit temps pour qu’il puisse se rhabiller si jamais. Je me défis de mon casque pour qu’il n’ait aucun doute sur mon identité. Je m’excusai avant de rentrer doucement et fis juste un pas dans la pièce. Vraiment qu’est-ce que je foutais là ? J’avais envie de me mourir à ce point pour me montrer devant lui.

« Ta tête va bien ? Ton quarterback s’inquiète et Ethan s’en veut. Je dois t’avouer que ça m’inquiète aussi. »

Je détournai les yeux de ce corps que j’aurai aimé avoir au dessus ou en dessous de moi fut un temps. A cette même époque, j’aurai eu trop de fierté pour avouer que je ressentais de l’inquiétude pour mes proches. De toute façon, j’étais trop snob pour m’intéresser à mon entourage seule ma petite personne comptait vraiment.

« Ce que je t’ai dit sur le terrain, ce n’était pas pour te moquer ... Tu es la personne que j’ai le plus fui dans ma vie pour le moment ... »

Je pris une bonne bouffée d’air avant de me redresser sur moi-même et regarder son reflet dans le miroir. Si seulement je pouvais me croiser jeune, je ferai tout pour que je lui fasse pas de mal. En fixant ses yeux, mon cœur rata un battement. J’étais toujours accroc à ses yeux, ses lèvres ... Je me retins de me secouer la tête pour évacuer ces idées d’amoureux transit.

« Je sais que tu n’en veux pas vraiment mais je veux encore te présenter mes excuses et de façon sincère cette fois. Je n’étais pas quelqu’un avec un sens de la morale très poussé. Je ne mens plus aux gens qui me sont proches ... »

Je me rendis compte que je parlais beaucoup de moi pour quelqu’un qui était en train de s’expliquer et de présenter ses excuses. C’était une petite séquelle de mon passé, j’avais toujours tendance à ramener tout à moi. Préférant limiter les dégâts, je reculai pour sortir de la pièce pour aller dans mon vestiaire. J’eus juste le temps d’enlever mes protections et mon tee-shirt avant d’entendre la porte s’ouvrir dans un grand fracas. Je me retournai pour découvrir Ylli passablement en colère, je me saisis très vite de mon maillot pour cacher les dégâts et affronter ma sentence. Je croisai les bras sur ma poitrine n’osant lever les yeux ... Pas après qu’il ait vu possiblement mes blessures. J’aurai dû y penser qu’il allait me suivre ... Ou même qu’un de mes coéquipiers pouvait rentrer.

« Allez frappe moi qu’on en finisse que je puisse mourir de honte dans un coin de la pièce. »

Ma voix n’était pas acide presque fluette.



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Ylli H. Hoxha

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mar 21 Fév - 1:56


 
Le premier qui retombe amoureux a tout perdu
Aaron & Ylli


L’absence des clipotis des béquilles me figea. L’idée d’avoir été désagréable avec un autre gars qui n’avait rien demandé me traversa l’esprit. A vrai dire, je m’en fichais. Je n’étais pas là pour me faire des amis. De base, j’étais là pour me défouler et rendre un service à cet idiot d’Ethan. Mais le fait d’avoir envoyé chier quelqu’un qui était là pour peut-être autre chose que ma petite personne ne traversa mon esprit que plusieurs secondes plus tard. Ah ouais, c’était possible. Cette pièce ne m’était pas réservée. J’étais alors prêt à m’excuser et à faire une grimace pour faire comprendre qu’il y avait eu confusion.

Sa putain de voix résonna dans le vestiaire en même temps que ma tête termina de se retourner dans sa direction, lâchant une vulgarité puis un soupir avant de ramener mon regard face au lavabo. Je m’appuyais dessus avec mes bras, tendu comme un piquet. Pourquoi fallait-il que cet abruti me suive ? Son inquiétude me sembla tellement ironique. Il avait décidé de rattraper toutes ces années passées loin de moi, sans pouvoir se foutre de moi ? Un rictus gonfla ma poitrine tandis qu’un sourire amer apparaissait sur mes lèvres.

« Me fais pas rire… » lâchai-je d’une petite voix quasi suppliante par le ton trop bas par rapport à d’habitude. L’exaspération modérait ma voix. Mais les tremblements de mon corps étaient bien là, bouillonnant sous tant de fureur. J’humectai ma lèvre inférieure par nervosité avant de poser mon regard sur le miroir pour inspecter du bout des doigts ma tempe. Et tel un aimant, nos regards se rejoignirent dans le reflet de l’autre quelques secondes durant lesquelles aucun des deux n’osa parler. Je fermai ma mâchoire, me retenant de lui cracher quoi que ce soit à la gueule. Je n’avais pas encore explosé. Je ne devais pas. A moins qu’un ange n’entre dans la pièce au bon moment, si j’osais exploser, je le rouerais de coup jusqu’à ce que mort s’en suive. L’armée m’avait appris à grandir et à me construire. Mais elle m’avait aussi détruit par cette violence que l’ancien Ylli ne connaissait pas avant d’enfiler cet uniforme kaki. Tous ces entrainements, ces dépassements de soi avaient créé une ombre destructrice qui s’était de nombreuse fois déchainée sur des feu ennemis. Sur des personnes méritant la mort, aux yeux de mon pays d’accueil.
Combien de fois avais-je eu des nouvelles d’anciens militaires ayant pété un plomb après avoir craqué ? Combien avaient failli se retrouver derrière les barreaux après avoir tabassé de longues minutes un idiot les ayant cherché ? On nous avait appris à fermer nos grandes gueules devant nos supérieurs, mais pas à garder son calme face à d’autres personnes ne faisant pas partis de nos rangs.

Mes doigts se resserraient sur le lavabo pendant que je continuais d’observer le reflet de cet imbécile. Il avait perdu de son ancienne carrure et semblait bien plus chétif qu’auparavant. J’avais l’impression de pouvoir le casser en deux en seulement quelques coups. Je ne reconnais rien de l’Aaron que j’avais un jour aimé et détesté. Il n’avait pas ce sourire fier et qui lui donnait cet air d’imbécile imbu de lui-même. Il n’avait pas ce regard hautain, rabaissant chaque personne qu’il observait par le simple passage de ses prunelles dessus. Ça n’était plus qu’une enveloppe vieillie par les années, ayant perdu de sa grandeur. Et j’étais pareil. Il n’était plus qu’un homme désolé, déblatérant des mots totalement inutiles que j’aurai voulu lui faire ravaler. Et moi je n’étais plus qu’une enveloppe coupante, ayant bien perdu depuis ces 4 ans, mais gardant toujours cette rage incommensurable. Et j’en avais marre. De me ressasser inlassablement ce qu’il s’était passé, de ne pas avoir encore accepté d’avoir perdu ma famille par sa faute et par une éducation bien trop idiote pour exister encore au XXIème siècle. Je ne m’étais pas délivré de ce sentiment d’injustice, d’avoir été piégé de A à Z, de tous ces sentiments que cet idiot avait pu me faire ressentir à m’en tirailler ventre et coeur, qu’ils soient bons comme mauvais.

Ses derniers mots furent un véritable élément déclencheur. Peut-être n’était-ce que ça que j’attendais depuis 4 ans, pour exploser. Des excuses véritables dont je me fichais totalement. Pour les lui balancer. Pour les lui faire ravaler à l’en faire pleurer. Lui faire comprendre qu’il n’était qu’une misérable merde dont les excuses ne serviraient à rien, ou bien servant tout juste à le hanter tous les jours. Je le vis fuir et perdre ce combat visuel que je m’étais lancé tout seul. La fuite n’était pas permise.

C’est dans un effet decrescendo que ma fureur commença. A son apogée. A côté du miroir, sur le mur. Un cri accompagna la marque qui se fit avant de me retourner et d’aller retrouver l’âme abjecte qui avait détruit ma vie tranquille d’avant. Ma main aux phalanges pour l’instant rouge s’abattit sur la poignée de la porte qui tapa contre le mur, résonnant dans un fracas monstre à en faire trembler les murs. Mes yeux le surprirent en train de se cacher. Comme si ce vêtement pouvait le protéger. Bien au contraire. Il l’empêchait de se protéger correctement avec ses bras. C’est ce que je pensais. Mais en même temps que je me rapprochais de lui, mes pupilles distinguèrent nettement des marques violacées exhibées un peu partout sur son torse, ses bras et son cou. Ca n’arrêta pas ma charge, pas même ses dires dignes d’une pièce de théâtre.

Ma main à plat repoussa son corps contre le mur avant de m’en rapprocher encore, mon index et mon pouce attrapant chaque côté de sa mâchoire. J’essayais de ne pas serrer tant que ça. Il aurait encore besoin de sa machoire, la petite starlette. Et toute la rage dégagée dans le mur et la porte avait été relâchée pour ne pas porter préjudice à son corps. Je n’en étais pas au point de non-retour. J’avais eu encore les idées assez claires pour porter mes envies de coups destructeurs sur de la matière et non sur sa chaire. Mais à croire que ça n’était pas donné à tout le monde vu son état physique. Je ne savais pas vraiment si je m’en fichais ou non. Si je devais en jubiler ou m’en inquiéter. Si je devais les ignorer ou appuyer sur chacune des parcelles virant du pourpre au violet selon l’intensité du coup porté précédemment. Pour l’entendre crier. Pour le voir se tortiller. Pour profiter de chacune des larmes qui sortiraient de son regard de victime. Pour faire expier toute sa faute. Pour le voir souffrir.

« Tu ne mens plus aux gens qui te sont proches hein ? » Ma voix se faisait tremblante, tout comme ma main commençant à avoir des traces de bleues sur elle. « C’est qui ces gens ? Me dis s-u-r-t-o-u-t pas que j’en fait partie. Parce que dans ce cas-là, faudrait que je m’occupe définitivement de ton cas. Mais ça me déplairait grandement tu vois… Parce que tu pourrais croire que j’en ai encore quelque chose à faire de toi. Mais dis-toi… je crois même avoir dépassé le stade de l’envie de te tabasser comme celui-qui t’as fait tout ça… Il doit être assez proche, lui, non ? Vu l’intimité de certaines marques… »

Je n’avais aucune honte de mes mots. Peut-être plus tard. Là, je voulais juste lui faire du mal sans me retenir, purger ma haine et le toucher assez profondément pour qu’il n’ait plus l’idée saugrenue de s’inquiéter pour moi, de pénétrer à nouveau mon espace vital.

« Tu veux me faire une fleur, en plus de ne plus venir te foutre de ma gueule en osant t’approcher de moi ou me parler ? » Mes lèvres se rapprochèrent de son oreille, et quelques gouttes perlèrent de mes cheveux jusqu’à son épaule dénudée, murmurant la suite : « Retourne voir ce gars, il t’aime je crois. Ne le lâche pas. Reste éternellement avec lui. Va pourrir dans ses bras. C'est la meilleure chose qu'il puisse t'arriver. »

Lui faire du mal. Le pousser à s’en faire de lui-même. Le rabaisser plus bas que terre. Lui faire perdre le peu de confiance qu’il semblait encore à voir. Le pousser dans le vide, en lui tenant la main. Je crachai mes derniers mots avant de finalement relâcher brusquement l’emprise que j’avais sur sa mâchoire.

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MessageSujet: Re: Le premier qui tombe a tout perdu    Mar 21 Fév - 11:18


Ylli


Sa main me fit souffrir, c’était presque inévitable mais je ne lâchai pas un son. Je savais pertinemment que ma façon de me repentir ne devait pas passer par le désir de me détruire d’Ylli. C’était là mon dernier fragment de dignité, je ne devais pas le laisser se plaire dans la violence. D’un autre côté, mon cœur me dictait aussi cette conduite car je n’avais jamais aimé quand il se laissait aller aux coups et à la violence et qu’il en prenne du plaisir. La seule chose que je pourrais faire actuellement c’est le regarder droit dans les yeux et me taire.
Ma seule peur résidait dans le fait que quelqu’un pouvait entrer et nous séparer ... Cela finirait sûrement très mal pour Ylli même si c’était entièrement de ma faute. Et franchement à dire vrai, je n’étais plus à quelques coups près ou quelques pressions mentales. Ylli n’arriverait de toute façon pas à la cheville de Lachlan même en choisissant bien ses mots. Mais quelque chose perturba mon regard qui aurait dû rester droit, la main d’Ylli ... Elle portait des marques ... Non, cela n’aurait pas dû se passer comme ça, c’est à moi qui l’aurais dû faire du mal pas à lui-même ...
Mes yeux ne quittèrent plus la peau meurtrie, j’avais envie qu’il me lâche pour pouvoir m’en occuper. Au final, je souhaitais du plus profond de moi-même que quelqu’un vienne pour qu’il puisse se soigner. Je sentis même la dite-main trembler ... De rage ? A cause de la douleur ? Je ne saurai dire pour le coup. Mon cerveau sembla s’arrêter quand il parla de la possible proximité avec mon agresseur, j’eus envie de vomir qu’il m’attaque sur ce terrain-là. Je savais très bien que je lui avais fait du mal mais là, il allait trop loin dans ses paroles. Je ne le reconnaissais plus ... Cela me faisait du mal de penser que j’avais pu le changer à ce point.
Néanmoins malgré tout ça, je continuai de me taire trouvant que ses actes étaient justifiés. Ma « rédemption » venait juste de commencer. Je savais que je n’aurai pas le pardon d’Ylli mais au moins, j’aurai l’impression d’avoir tout fait pour l’avoir. Ylli s’approcha de mon oreille pour me porter le coup fatal ... Il me suggérait de rester avec Lachlan ... J’eus envie de m’effondrer, je n’en pouvais plus. J’étais prêt à tout mais pas à ce qu’il m’attaque sur ce plan-là, c’était juste cruel de sa part. Il le savait, il avait bien choisi ses mots finalement. Une fois ma mâchoire lâchée, mes lèvres se mirent à bouger toute seule.

« D’accord. »

Ma voix était des plus neutres, j’avais compris que tout ce que je pouvais dire, Ylli pouvait le prendre comme une nouvelle façon de me foutre de sa gueule. C’était peut-être un de mes traits de caractère dans le passé mais maintenant, je ne pouvais plus. Je me décalai sur le côté pour le dépasser et aller vers mon sac pour changer de tee shirt car l’autre avait commencé à se tâcher de mon sang. Je me rendis alors compte de ce que j’avais dit, mes mains se mirent à trembler de peur ... Je ne mentais plus ... Je devais le faire. Je me saisis de mon téléphone, j’avais du mal à saisir le numéro de mon futur ex-mari. Une fois, cela fait ... Je portais l’appareil à mon oreille, je savais plus ce que je faisais, j’étais partagé entre l’envie de pleurer et de vomir ... Le dégoût me fit parler dans ma langue natale, le français, sans que je ne m’en rende. Je fus soulagé de tomber sur le répondeur.

« Coucou mon amour ... Si tu es toujours à New York, j’aimerais beaucoup te voir ce soir. Je t’aime. »

J’avais parlé très vite et je raccrochai à la même vitesse. Je crois que le pire, c’est que je pensais encore la dernière phrase malgré tout ce qu’il avait fait. Vous vous souvenez du fragment de dignité dont j’avais parlé ? A présent, il était brisé, inexistant ... Qu’est-ce que je venais de faire ? Mon regard se redressa sur Ylli sans le regarder. J’étais immobile, mon regard était vague ... Depuis quand j’étais tombé aussi bas ? Je ne saurais dire mais j’espérais vraiment avoir touché le fond à présent. Je me retournai vers un mur, je voulais m’échapper mais mes jambes ne me répondaient plus. Mes battements de cœur résonnaient dans mes oreilles. Ce moment me sembla durer une éternité mais il eut juste quelques secondes avant que je me mette à fuir de la pièce.
Je me dirigeai dans le dédale de couloir qu’il y avait dans ce stade, je ne savais plus où j’allais et je ne savais pas si on me suivait ou non. Je n’entendais toujours, les battements étaient trop présents. Mon regard rencontra un mur j’étais dans une impasse ... Mon corps n’y tint pas plus longtemps ... Je me roulais en boule dans un coin en me tenant la tête entre les mains. Ma voix s’éleva légèrement.

« Je ne veux plus qu’on me fasse de mal ... J’ai peur ... Je ne veux plus qu’on me fasse de mal ... J’ai peur ... Je ne veux plus voir Lachlan ... »

Pour une raison qui m’était inconnue, m’entendre prononcer son nom me réveilla de ma léthargie. Mon corps arrêta de trembler, je me remis debout et fit demi-tour pour aller à mon vestiaire. J’étais brisé intérieurement mais je devais rester debout pour Gabriel, pour les enfants à qui j’enseignais les valeurs du football. Les deux seuls hommes, que j'avais aimé dans ma vie, venaient de me détruire en l'espace de 24 heures. L'un gratuitement et l'autre, je l'avais mérité à 50%.

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Le premier qui tombe a tout perdu

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